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Covid-19 : Actualités Cambodge

27 Sep
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La lutte contre le Covid-19 au Cambodge

Depuis le début de la pandémie du Covid-19, le gouvernement cambodgien a mis en place des mesures fortes pour éviter la propagation du virus. Cette méthode a été efficace dans un premier temps puisque le Cambode comptait un nombre de cas très faible. Toutefois, la situation s’est dégradée début 2021 avec une forte augmentation des contaminations. Couvre-feu, confinement, fermeture des provinces, fermeture des magasins et restaurants, etc, s’enchainent depuis plusieurs mois. Les frontières sont fermées depuis maintenant 1 an et demi et les visas touristiques ne sont plus délivrés. Les écoles ont fermé leurs portes en mars 2020. Ceci a ainsi bouleversé le quotidien de nombreux enfants, ayant peu ou pas accès aux cours à distance. Alors que la nouvelle année scolaire « 2020-2021 » avait commencé avec la réouverture de ces dernières en janvier 2021, la découverte de nouveaux clusters a entraîné une nouvelle fermeture des écoles dans tout le pays en mars 2021 (jusqu’à aujourd’hui).

Depuis peu, les mesures sont prises plus localement, par province. Le Banteay Meanchey est l’une des provinces les plus touchées en ce moment. Elle est classée en zone rouge, avec certains quartiers et marchés régulièrement fermés et un couvre-feu de 21h à 3h. Le gouvernement prévoit de rouvrir progressivement les écoles, en effectif réduit. Ceci, uniquement dans les zones peu infectées, ce qui est encore loin d’être le cas dans notre province.

Le gouvernement du Cambodge a lancé sa campagne nationale de vaccination le 10 février 2021, en utilisant principalement 2 vaccins chinois (sinovac et sinopharm). Maintenant, c’est près de 70% de la population qui est vaccinée. C’est l’un des pourcentages les plus élevés de vaccination contre le Covid-19 parmi la population adulte dans la Région OMS du Pacifique occidental (ONU, 2021). Actuellement, ce sont les enfants qui commencent à se faire vacciner.

L’impact du Covid-19 au Cambodge 

Impact économique 

La pandémie a exercé une pression immense sur le système de santé publique du pays. Elle a provoqué une contraction économique d’environ 3,1 % en 2020, affectant principalement les secteurs de l’habillement, de la chaussure, du tourisme.

Les conséquences du déclin de l’activité économique lié au Covid-19 sont nombreuses : baisse des salaires, suspensions d’emploi et licenciements, augmentation du taux de pauvreté et des niveaux d’endettement, … En particulier dans la province du Banteay Meanchey où les travailleurs migrants cambodgiens en Thaïlande ont également été confrontés à des suspensions d’emploi et à une réduction des heures de travail. Beaucoup ont finalement été contraints de retourner dans leur pays d’origine.

La fermeture des frontières a également eu un impact indirect sur les agriculteurs. Un grand nombre d’entre eux, dépendent d’activités aux salaires quotidiens pour subvenir à leurs besoins pendant la saison morte. La fermeture de la frontière a créé un excédent de main-d’œuvre à l’intérieur du pays. Ceci a alors exercé une pression à la baisse sur les salaires journaliers. Les travailleurs informels tels que les conducteurs de tuk-tuk et les vendeurs de souvenirs ont également perdu une grande partie de leurs revenus (-90%) en raison de l’effondrement du tourisme. 

Impact sur l’éducation

La pandémie de Covid-19 a entrainé la fermeture des écoles au Cambodge, affectant ainsi plus de 3 millions d’enfants à travers le pays. L’enseignement à distance se heurte à de nombreux obstacles : plus de 80 % des étudiants ont déclaré ne pas avoir de télévision à la maison, pas de smartphone ou de tablette, et une bande passante internet insuffisante. Le cout élevé des équipements et de la connectivité, ainsi que le faible niveau de culture numérique sont d’autres contraintes excluant une grande partie des enfants de l’éducation. 

Selon les agences de l’ONU, la fermeture des écoles pendant de longues périodes peut avoir des conséquences dévastatrices pour les enfants. Ils deviennent plus exposés à la violence physique et émotionnelle. Leur santé mentale est affectée. Ils sont plus vulnérables au travail des enfants et aux abus sexuels. Ils ont également moins de chances de sortir du cycle de la pauvreté. Plus les enfants restent longtemps en dehors de l’école, moins ils ont de chances d’y retourner. (UNICEF, 2020) 

L’ampleur de la crise menace donc d’annihiler des années de progrès et de priver les plus vulnérables des services essentiels en matière d’éducation, de protection de l’enfance, de santé, de nutrition et d’eau. Cet impact pourrait alors affecter des générations.

Adaptations au Foyer Lataste

Depuis mars 2021, nos enfants et leurs familles sont durement touchés par les conséquences de la reprise épidémique. L’impact pour les familles est terrible. Les petites activités aux revenus journaliers qu’elles exercent pour vivre, sont aujourd’hui à l’arrêt. Beaucoup ont alors perdu toutes leurs sources de revenu. 

Les enfants du Foyer : programmes « Maisons Familiales » et « collégiens et lycéens internes »

Les enfants qui vivent au Foyer, ont dû rentrer dans leurs familles en avril, à l’annonce de la fermeture des écoles. Ils ont reçu une aide financière pour le transport et la nourriture tout au long de leur séjour chez eux. Tous étaient suivis de près par les responsables de programme. Ils s’assuraient que leur situation familiale leur permettait d’être chez eux dans de bonnes conditions. Les collégiens et lycéens recevaient également du forfait internet leur permettant de suivre les cours à distance. Ils sont tous très vite revenus au Foyer, pour pouvoir suivre les cours en ligne grâce aux ordinateurs de la salle informatique et à ceux mis à disposition dans la salle d’art, réaménagée pour étudier. Deux professeurs ont été mobilisés pour les élèves de primaire, pour accompagner les enfants dans leur apprentissage et éviter tout décrochage. Des cours de soutien à distance ont été mis en place progressivement pour les collégiens et lycéens ayant des difficultés.

Le soutien dans la famille 

Pour les enfants soutenus dans leur famille, la responsable de programme, Sophea, a dû s’adapter. Elle a ainsi mis en place un nouvel emploi du temps d’études à distance pour garder le lien avec les enfants, maintenir la dynamique scolaire, et éviter le décrochage. Les distributions mensuelles continuent avec le respect de la distanciation sociale. L’objectif est de s’assurer que les enfants aient accès à des conditions décentes de vie (nourriture, hygiène,..) ainsi qu’à l’éducation à distance (forfait internet). Certains dons spécifiques ont été ajoutés pour aider des familles en situation très précaires. Toute l’équipe est en contact téléphonique régulier avec les enfants depuis la fermeture des écoles. En plus de suivre l’enseignement à distance, l’objectif est de rassurer chaque enfant. Ils doivent savoir qu’ils comptent et que l’équipe continue à penser et à se préoccuper de eux, même de loin. 

Les étudiants

Pour les étudiants également, la situation a bien changé. Les universités étant fermées, la plupart d’entre eux sont rentrés dans leur famille. Ils ont aussi eu la possibilité de rester dans la colocation à Phnom Penh ou de venir vivre sur le site du Foyer pour avoir accès aux équipements informatiques. Le suivi du responsable de programme s’est accentué à distance, pour s’assurer de la continuité des cours et des conditions de vie décentes. Une aide additionnelle a été mise en place pour couvrir les frais de nourriture et autres dépenses non prévues.

La formation professionnelle en apprentissage 

Ce programme a été le moins impacté par la crise sanitaire du Covid-19. Malgré les restrictions, la plupart des magasins ont pu rester ouverts ou n’ont fermé que sur de courtes périodes. Les apprentis ont donc pu, pour la plupart, continuer leur apprentissage. Dans certains cas, les magasins ont accepté d’augmenter la durée de l’apprentissage pour combler les périodes de fermeture. D’autres, ont mis en place un système de vidéo pour l’apprentissage à distance (ponctuel). Les demandes de bourse d’entrepreneuriat ont cependant diminué. Ceci, du fait de la complexité de commencer sa propre activité dans un contexte économique très instable.

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